French scientist: Haiti cholera outbreak 'came from UN camp'

Haiti cholera outbreak 'came from UN camp'

By Deborah Pasmantier, Agence France presse, November 29, 2010

(The original article, in French, is below. This English version appears on Yahoo News. Another English version apperars here on BBC News, December 7.)

PARIS (AFP) – The cholera outbreak ravaging Haiti began at a camp for UN peacekeepers from Nepal, according to an expert report submitted to the French foreign ministry, a source close to the matter told AFP on Tuesday. Respected French epidemiologist Professor Renaud Piarroux conducted a study in Haiti last month and concluded the epidemic began with an imported strain of the disease that could be traced back to the Nepalese base, the official said.

"The source of the infection came from the Nepalese camp," the source told AFP, speaking on condition on anonymity as he was not authorised to discuss a report that has not yet been made public.

"The starting point has been very precisely localised," he said, pointing to the UN base at Mirebalais on the Artibonite river in central Haiti. "There is no other possible explanation given that there was no cholera in the country, and taking into account the intensity and the speed of the spread and the concentration of bacteria in the Artibonite delta," he said.

"The most logical explanation is the massive introduction of faecal matter into the Artibonite river on a single occasion," the source added. The United Nations, which has faced violent protests in Haiti over its alleged role in an outbreak that has already killed 2,000 people and made 90,000 sick, insists there is no evidence that its troops were to blame.

Foreign ministry spokesman Bernard Valero did not reveal the conclusion of the report, but confirmed the foreign ministry had received a copy and said it had been passed on to the United Nations for investigation.

"From the outbreak of the epidemic, France sent to Haiti at the request of the Haitian health ministry one of its best cholera specialists, Professor Piarroux, a head of department in Marseille's public hospitals," he said.

Cholera has added to the woes of the impoverished Caribbean nation, which was devastated by a massive earthquake in January that killed a quarter of a million people and left 1.3 million living in ramshackle refugee camps.

Piarroux discussed his report in an interview with AFP last month. He did not directly blame the Nepalese, but said the cholera was from abroad.
"It started in the centre of the country, not by the sea, nor in the refugee camps. The epidemic can't be of local origin. That's to say, it was imported," he said, shortly after his return from Haiti.

Haitian officials say the first cases of cholera, a waterborne illness, broke out on the banks of the Artibonite river, downstream of the UN base.
Last month, Edmond Mulet, head of the United Nations mission in Haiti, said no UN soldier, police officer nor civilian official had tested positive for cholera, and he defended the Nepalese, who have been the target of protests.

All samples taken from the latrines, kitchens and water supply at the suspect Nepalese camp have proved negative, Mulet said. "There is no scientific evidence that the camp at Mirebalais is the source of this epidemic," he said, complaining of "a lot of disinformation, a lot of rumours around this situation."

But Piarroux -- who works at the University of the Mediterranean in Marseille -- told AFP that the outbreak was not linked to the earthquake devastation, and could not have come from a Haitian environmental source. "The epidemic exploded in an extremely violent way on October 19, with several thousand cases and several hundreds deaths after many people drank the water of the Artibonite delta," he said.

The professor said the world had not seen cholera spread so quickly since an outbreak in Goma, in eastern Congo, in 1994. "We've had more than 70,000 cases, and we could easily see them hit 200,000," he warned.

Cholera is caused by bacteria spread in contaminated water or food, often through faeces. If untreated, it can kill within a day through dehydration, with the old and the young the most vulnerable.

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Choléra en Haïti: une épidémie importée

Deborah Pasmantier
Agence France-Presse, Paris, Le 29 novembre 2010
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/29/01-4347408-cholera-en-haiti-une-epidemie-importee.php

L'épidémie de choléra en Haïti a été importée, la souche ne pouvant provenir ni de l'environnement ni des camps de sinistrés du séisme du 12 janvier, a déclaré à l'AFP le professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste de retour d'une mission pour le gouvernement haïtien.

Le professeur Piarroux, spécialiste du choléra revenu dimanche d'une mission de trois semaines en Haïti à la demande du ministère haïtien de la Santé et de l'ambassade de France est formel: l'épidémie «n'est pas liée au séisme, elle ne provient pas non plus d'une souche environnementale».

«Cela a commencé dans le centre du pays. Pas au bord de la mer ni dans les camps de sinistrés (où vivent 1,3 million de personnes). L'épidémie ne peut donc être d'origine locale. C'est-à-dire que c'est importé», explique ce chef de service dans un hôpital de Marseille.

Selon des responsables haïtiens, les premiers cas sont apparus à la mi-octobre sur les bords d'un affluent du fleuve de l'Artibonite, à proximité de la base des Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) à Mirebalais, localité du centre de l'île.

Ces derniers ont été accusés par une partie de la population d'avoir importé la maladie qui a fait 1721 morts, selon le dernier bilan.

Le docteur français Gérard Chevallier, qui a travaillé avec le professeur Piarroux, a récemment estimé que «la probabilité épidémiologique est élevée».

Des accusations démenties par la MINUSTAH qui a indiqué que les tests réalisés dans les latrines et eaux du camp népalais étaient «négatifs».

«L'épidémie a explosé sur un mode extrêmement violent le 19 octobre avec plusieurs milliers de cas et plusieurs centaines de morts en quelques jours après que de très nombreuses personnes ont bu l'eau du fleuve dans le delta de l'Artibonite. On n'a jamais vu ça en termes de rapidité de démarrage depuis l'épidémie autour de Goma (ex-Zaïre, RDC) en 1994», poursuit le professeur Piarroux.

La bactérie se transmet généralement d'homme à homme. Elle peut aussi se transmettre par l'eau «mais normalement avant d'arriver à toucher plusieurs milliers de personnes, il se passe des semaines ou des mois. Là, on parle de jours», poursuit l'épidémiologiste qui a fait de nombreuses missions sur le choléra en Afrique.

L'épidémie a aussi connu «une vitesse de diffusion exceptionnelle car les gens ont fui et amené en quelques jours le choléra dans de nombreuses communes à la périphérie de l'Artibonite». Elle va continuer à s'étendre, mais avec une vitesse de propagation bien moins rapide notamment dans le sud du pays, selon M. Piarroux.

À ce stade, «à peu près la moitié des communes du pays sont touchées plus ou moins fortement», selon les constatations faites par le professeur sur le terrain. «On en est à plus de 70 000 cas, on peut facilement imaginer qu'on atteigne les 200 000. Mais il n'y aura pas des dizaines de milliers de morts ni de pic majeur».

Plusieurs zones restent très vulnérables en particulier dans les montagnes situées au nord de la plaine de l'Artibonite. «Ce sont des zones rurales avec des villages isolés où il y a peu d'accès aux soins et où l'eau potable manque. Par endroits, on compte déjà plus d'un mort pour 1000 habitants».

La situation est également très tendue dans certaines zones urbaines, telles que le faubourg de Cité Soleil à Port-au-Prince et à Cap-Haïtien, deuxième ville du pays.

Le professeur, qui remettra un rapport au ministère français des Affaires étrangères, estime que l'accès aux soins et leur qualité sont «bons» avec une létalité autour de 1% dans la plupart des structures d'accueil.

Il estime également que la récente mise en place avec les Haïtiens d'un système permettant de recueillir les informations sur le choléra dans chaque commune, avec un délai de deux ou trois jours, devrait permettre de mieux cibler la prise en charge des malades.