Inité accuse et recommande

 
Rien ne va en Haïti sous l'administration du président Michel Martelly, selon le carnet que lui a attribué l'organisation politique INITE fondée par l'ancien président René Préval. Les responsables de cette structure disent craindre l'établissement d'un système dictatorial par le chef de l'Etat. Le coordonateur de INITE, le député Levaillant Louis-Jeune 
 
Michel Martelly va de dérive en dérive, selon la lecture de l'organisation politique INITE. Les responsables de cette structure disent voir planer sur le pays « le spectre hideux de la dictature ». « Le "Pouvoir Tèt Kale",  imposé et soutenu dans ses dérives par la communauté internationale, tisse déjà, au vu et au su de tous, les mailles du filet en vue de capturer les conquêtes démocratiques pour lesquelles le peuple haïtien a consenti tant de sacrifices, enduré tant de souffrances, et versé tant de sang », lit-on dans un document envoyé au Nouvelliste par INITE après une conférence de presse mardi à Port-au-Prince. 
 
Depuis son accession à la magistrature suprême, pour l'organisation politique dirigée par le député Levaillant Louis-Jeune, le président Martelly n'a cessé de violer les lois et la Constitution du pays. «  Il prélève des taxes sans loi, publie un budget non voté par les chambres, nomme de façon irrégulière trois juges à la Cour de cassation, fait arrêter un député, refuse d'organiser des élections pour le tiers du Sénat et pour les collectivités territoriales depuis la fin de 2011... » 
 
Dans son carnet au chef de l'Etat, INITE souligne que tout récemment, des étudiants ont été malmenés et des manifestants pacifiques emprisonnés, une réunion de partis politiques de l'opposition et d'organisations de la société civile attaquée à coups de pierres par des suppôts du Pouvoir, deux députés de l'opposition attaqués par des hommes de main du pouvoir et, dans la foulée, menacés de mort, des groupes musicaux considérés comme politiquement incorrects ont été interdits de participer au défilé carnavalesque, la presse menacée d'être mise au pas en ressuscitant un décret scélérat de 1986 pris par un pouvoir militaro-macoute, entre autres. 
 
 
« Après s'être déclaré "Président à vie" à Jacmel, le chef de l'Etat entreprend, sans désemparer, la domestication des autres pouvoirs. Il a pratiquement déjà mis dans son escarcelle et le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Les pouvoirs locaux, à travers le remplacement des maires élus par des agents intérimaires nommés, sont phagocytés... », dénonce INITE. 
 
Cette organisation politique fondée par l'ancien président René Préval tout en réclamant de bonnes élections pour renouveler le tiers du Sénat et les collectivités territoriales, lance une mise en garde à la communauté internationale disant qu'elle n'acceptera pas des compétitions électorales «  bouyi vide ». Lors des dernières élections présidentielles et législative, INITE avait été pointée du doigt comme étant impliquée dans bien de cas de fraudes électorales. 
 
Pour la tenue de bonnes élections INITE propose... 
 
Les électeurs ont besoin d'avoir confiance dans l'appareil électoral, estime l'organisation politique. Pour gagner la confiance de la population, les responsables de cette structure politique soulignent qu'il importe avant tout que le président de la République donne des signes évidents qu'il s'engage vraiment à respecter les règles du jeu démocratique. Du genre : «...l'annulation de tous les actes, dispositions et mesures adoptés en violation de la loi et de la Constitution, la remise à plat de toute décision prise antérieurement, tant en vue de la formation du Conseil électoral que de la construction de l'appareil chargé d'administrer le processus, la désignation des membres du Conseil électoral par les trois pouvoirs à partir d'un bassin de 18 noms soumis par des organisations crédibles et notoirement connues de la société civile » 
 
Selon INITE, les personnalités proposées devraient être reconnues pour leur compétence, leur intégrité et leur courage, les membres du Conseil électoral devraient, au préalable, s'engager à ne pas faire partie du prochain Conseil électoral permanent, ni exercer une quelconque fonction à quelque titre que ce soit dans l'Administration publique pour les cinq années à venir à partir de la proclamation des résultats des prochaines élections.