Haïti: Le Choléra gagne du terrain !

Haïti: Le Choléra gagne du terrain !

Par Yves Pierre-Louis,Haiti Liberté,édition du 13 Novembre 2012

http://www.haiti-liberte.com

Après le passage de l’ouragan Sandy en Haïti, Le Choléra-Minustah est en train de gagner du terrain dans le pays, particulièrement dans la région Sud. Des centaines de cas ont été enregistrés et des dizaines ont déjà trouvé la mort. Selon les chiffres communiqués par le responsable de l’Unité de lutte contre l’épidémie au Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), Dr. Donald François,
20 cas de décès ont été enregistrés au cours de la période du passage de Sandy sur le pays. 10 cas de décès ont été enregistrés dans la localité des Orangers,
5e section Communale de Bainet département Sud’Est, 12 autres dans la localité de Dori de la commune de Maniche dans le Sud du pays et 7 cas dans l’Arrondissement d’Anse-d’Hainault, dans la Grand’Anse. Le nombre de décès augmente quotidiennement dans la région Sud d’Haïti.

Selon les données communiquées par une agence en ligne, du 24 au 29 octobre 2012, l’unique dispensaire de la localité de Dori a reçu 78 cas de Choléra,
8 ont déjà trouvé la mort, a informé l’infirmière en charge de ce dispensaire, Madeleine Chéry. Le maire de la commune de Maniche, Pierre Evens Alexis s’est dit dépassé par la situation. Une section communale qui compte environ 15 mille habitants a un seul dispensaire qui dispose d’une seule infirmière et d’aucun médecin : « Ce dispensaire ne se trouve pas dans l’endroit approprié pour recevoir les victimes du Choléra. Car, il est tout proche d’une église et d’une école. Notre premier souhait est qu’un centre de Traitement du Choléra (CTC) soit installé dans la commune et qu’un médecin soit nommé à ce dispensaire pour apporter des soins de santé aux paysans », a déclaré le premier citoyen de la commune. De plus, à cause de la rivière de Cavaillon et de la Ravine Blanche qui sont en crue, les médicaments et d’autres matériels expédiés sur places par les responsables du ministère de la Santé Publique, n’arrivent pas à atteindre leur destination à temps. Des habitants animés d’un esprit de solidarité et d’humanisme ont risqué leur vie pour aller récupérer les médicaments de l’autre côté de la rive. Alors que le président Martelly et son Premier ministre, Laurent Lamothe flânent à longueur de journée dans des hélicoptères. Combien faut-il de temps à l’un d’entre eux pour atterrir à Maniche avec les médicaments et sauver la vie des paysans abandonnés à eux-mêmes ?

Telle a été la déclaration du coordonnateur régional de tètkale Tipeyizan Ayisyen, Ramon Gasma : « Nous sommes livrés à nous-mêmes et au Choléra- Minustah. » Le Choléra importé en Haïti depuis Octobre 2010 et qui a tué en deux ans plus 7500 Haïtiens et contaminé plus de 700 mille autres, continue de faire rage dans le pays. Malgré que toutes les recherches ont déjà prouvé la responsabilité des casques bleus des Nations Unies dans ce génocide, le gouvernement pense le contraire en refusant de reconnaître la responsabilité des soldats de la Minustah dans ce crime odieux et abominable pour exiger des Nations Unies le dédommagement des victimes. Ce que le gouvernement haïtien n’a pas fait, l’exdirigeant cubain, Fidel Castro l’a fait pour lui en demandant à l’ONU d’assumer ses responsabilités dans la propagation du vibrion Choléra en Haïti et de respecter les règlements de l’organisation mondiale en accordant à chaque famille des victimes une compensation de 100 mille dollars US.

Le Bureau des Avocats Internationaux
(BAI) a déjà déposé une requête depuis environ un (1) an par devant les instances des Nations Unies pour 5000 victimes leur demandant de donner un montant allant de 50 à 1000 mille dollars Haïti: Le Choléra gagne du terrain ! US à chaque famille des victimes. La totalité du montant exigé pour réparer les victimes ne correspond même pas à celui accordé à la Minustah par l’ONU pour le maintien de cette force pour une année. De l’autre côté, le Collectif de Mobilisation pour le Dédommagement des Victimes du Choléra en Haïti et un autre regroupement d’organisations progressistes d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine et de la Caraïbe dénommé « Défendre Haïti c’est défendre nous-mêmes » continuent leur mobilisation pour exiger le départ inconditionnel des forces d’occupation de l’ONU d’Haïti, justice et réparation pour toutes les victimes de ces forces, particulièrement celles venant du Choléra.